Que c'est compliqué, la simplicité !

christineley.ch-piranese

 

Ancienne chroniqueuse presse écrite, j'ai toujours léché mes textes comme une oursonne ses petits : elles devaient être faciles à lire, simples, efficaces, donc ripolinées... Parfait pour une chronique de 1000 signes, mais pour un bouquin de 500'000, voilà une toute autre histoire. Je planchais déjà sur le livre depuis des années, à l'instinct, dans la fougue de coucher sur papier tout ce qui m'animait, mes découvertes... Puis je me suis libérée de toutes mes obligations, pensant régler l'affaire en six mois d'écriture intensive. Bernique ! Dix-huit mois plus tard, j'y sue encore, car si c'est déjà une chose d'avoir un chapitre qui tienne debout, encore faut-il qu'il corresponde avec les autres. Ben oui, ma fille, c'est un métier, écrivain ! Chaque fois que je relisais la fin je réalisais à quel point le début clochait, et réciproquement. Sans compter les redites, les clichés, les adverbes, les lourdeurs...

Ah, la grâce des relecteurs ! Aujourd'hui, j'ai presque honte de ce que j'ai fourré sous le nez de ma première courageuse relectrice, Agnès. Mais quelle chance d'avoir autour de soi des gens de franc-parler, prêts à assumer ce boulot délicat. J'ai donc réécrit une bonne partie du livre, puis toute fière, je l'ai remis au jeune auteur Charlie Bregman, mon mentor en auto-édition, qui m'a donné de précieux tuyaux pour le rythme du récit. J'ai enfin soumis deux exemplaires à Sarah et Marianne, anciennes collègues journalistes... qui ne sont pas arrivées au bout !

Moi qui pensais échapper au syndrome du livre trop long de l'écrivain débutant, c'était raté ! J'ai failli renoncer début 2017, et puis, après avoir supprimé 200 pages au scalpel, l'ouvrage a commencé à ressembler à quelque chose, mais il a encore fallu le talent de persuasion d'un Michel pour... le réécrire quasiment complètement une nouvelle fois. Quant enfin, le livre a commencé à tenir debout, il a encore fallu plusieurs relectures totales de Bibi pour qu'enfin, un jour, le mot fin puisse s'écrire sans me réveiller le nuit. Treize indispensables relectures-réécritures à ce jour... Et on est en juin 2017. Dans une prochaine chronique, je vous parlerai de l'angoisse de passer du livre rêvé au livre réel, du moment où il faut lâcher le bébé...

 

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